Elle est représentée avec le chapeau des archiducs pour mettre l’accent sur son appartenance à la maison de Habsbourg[18]. Elle semble parfaitement consciente du pouvoir que les images peuvent avoir sur les esprits et elle n’hésite pas à se représenter à l’égal des nombreux hommes de son entourage. Il est très probable que ce livre d’heures a été réalisé à Gand, où était active une prestigieuse école de miniature. On sait que la régente possédait par exemple plusieurs peintures de Jan van Eyck et de Rogier van der Weyden, qui avaient tous deux travaillé pour Philippe le Bon. Jeanne d’Aragon et de Castille, vers 1500, Juan de Flandes (Vienne, Kunsthistorisches Museum). Ses peintres de cour originaires des Pays-Bas, Bernard van Orley, Gérard Horenbout et Jan Vermeyen, lui fournirent de nombreux tableaux destinés à compléter sa collection de portraits. De ses fiançailles et ses deux mariages, Marguerite a accumulé une fortune considérable. Issue de la dynastie de Trastamare, Jeanne était le troisième enfant des Rois Catholiques, Ferdinand II d’Aragon (1452-1516) et Isabelle Ire de Castille (1451-1504). En fait, Maximilien demeura un étranger dans cette partie de l’empire. Dans une généalogie commandée à Jean Franco pour son neveu, elle est représentée comme un membre à la tête de la famille Habsbourg. La coiffe brochée d’or, la robe de velours rouge avec ses parements d’hermine aux manches, la chaîne en or composée des initiales C et M (Charles et Marguerite) ainsi que la splendide fleur de lys sertie de pierres précieuses figurent dans l’inventaire de la princesse dressé en 1493 et étaient sans doute des cadeaux de fiançailles de Charles VIII. Au mépris des droits de Marie de Bourgogne, seule héritière du duc et sa propre filleule, Louis, quoique battu à Guinegatte (1479), s’empare de la Picardie, du Boulonnais, du duché de Bourgogne, de l’Artois et de la Franche-Comté, acquisition que lui confirme le traité d’Arras (1482), mais il ne peut empêcher le reste des Pays-Bas de passer aux mains de Philippe, fils de Marie et de son époux, Maximilien d’Autriche : les Habsbourg sont installés aux frontières les plus vulnérables du royaume. Le monastère de Brou est donc réalisé dans l’optique de célébrer les origines bourguignonnes de Marguerite qui regrette beaucoup la perte du duché. Dès 1488, des bruits courent en France sur une éventuelle répudiation de la "petite reine" par Charles VIII, pour la remplacer par la duchesse de Bretagne. En effet, elle est fortunée d’être née dans une famille aussi prestigieuse mais elle est infortunée dans ses mariages[24]. Promise au Dauphin de France, le Futur Charles VIII, elle fut élevée, dès l’âge de deux ans, à Amboise et au Plessis-lès-Tours où résidait la cour de France. Par ce coup habile, le futur empereur ajoutait à ses propres possessions des territoires d’un grand poids politique et économique. Elle tient dans les mains un chapelet en perles, qui souligne sa foi tout en faisant allusion à son prénom, « margarita » signifiant « perle » en latin. Son château de Malines (Hof van Savoye, actuel palais de justice) témoigne d'une esthétique mêlant subtilement les éléments traditionnels du gothique brabançon et de la Première Renaissance. Elle soutient Charles envers et contre tout. La lune de miel, passionnée, ne dure hélas que six mois, puisque Jean, de santé fragile, décède dès le 4 octobre 1497. Il confie de nouveau le gouvernement des Pays-Bas à sa tante, charge qu'elle gardera jusqu'à sa mort, malgré sa propension à s'entourer de conseillers savoyards, bressans ou franc-comtois, dont Nicolas Perrenot de Granvelle, ce que les Flamands lui reprochent. Tous la respectent et recherchent son alliance. Voulant réaliser le vœu de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon, qui avait également voulu ériger un monument pour son époux, elle utilise les moyens importants dont elle dispose afin de construire le monastère. Par son premier mariage avec Juan de Castille (1478-1497), elle était – comme son défunt frère – étroitement liée à la dynastie espagnole. Elle assiste alors à la lutte entre Charles Quint et François Ier, fils de Louise de Savoie, sœur de Philibert et avec qui elle a grandi à la cour de France, lorsqu'elle était destinée à devenir reine.
2020 marguerite de bourgogne fille de maximilien